Amazone
Amazone est un Jollen Kreutzer 30m, dériveur pur de 10,8m. de long, construit en 1952 sur les bords du lac de Constance.
Historique
(par Jacky
& Marlyse Barras, propriétaires actuels)
Nom: Amazone
Année de construction: 1952
Construction: M. Martinaglia, Ermättigen, lac de Constance
Déplacement: 1,7 tonnes
Longueur HT: 10m80
Longueur coque:
Largeur: 2m75
Tirant d'eau: 40cm dérive haute et 1m80 dérive basse
Port d'attache
sur le Léman: Villeneuve
Historique
Jacques Barras, de Villeneuve, est allé chercher son Jollen Kreutzer - dériveur pur- en 1980 à Ermättigen, au bord du lac de Constance. Son propriétaire, Monsieur Martinaglia, ingénieur en aviation chez Maag, l'avait construit en quatre ans et immatriculé en 1952 sous le nom de Marco Polo. Devenu trop âgé pour l'entretenir, il l'a vendu à regret: "Il attendait le convoi au bord de la route, confie Jacky, il pleurait. Il préférait le voir partir en Suisse romande, car il craignait qu'il ne décrépisse sous ses yeux. Il est venu quelques années plus tard naviguer avec moi, sous spi, ce qui l'a aussi fait pleurer: à près de 80 ans, il n'aurait pas cru cela possible!"
Jacky Barras a toujours navigué sur tout ce qui flotte. Il a appris à bord de Perchette, canot de pêche à voile latine. Son premier réflexe est de rebaptiser le bateau Amazone: "Pour moi, un bateau doit porter un nom féminin! Amazone, c'est le rêve, la liberté". Puis il enlève les toilettes, agrandissant ainsi considérablement le carré. Le bateau devient une petite maisonau toit certes bas, mais parfaite pour sa famille. "On y a vu les enfants grandir: au fur et à mesure, ils se rapprochaient du plafond!" En 1985, Jacky change le tableau arrière, le fait en iroko, enlevant 6cm à Amazone qui n'en souffre pas vraiment.
En 1990, les ennuis sont graves: une entrée d'eau par le puits de dérive pose mille problèmes. Jacky démonte, toujours plus, pour atteindre 2m50 de quille, d'où un gros trou démoralisant: "Je suis rentré chez moi, j'ai dit à Marlyse, ma femme: je vais acheter un bidon d'essence et lui foutre le feu!" Sinistre projet, heureusementabandonné: Monsieur Nicolet, ancien constructeur de bateau, l'aide à refaire sa quille en acacia et à boucher le trou. Peintre en bâtiment, Jacky veut l'Amazone plus belle qu'avant: "Quand je l'ai achetée, elle était vert bouteille et beige. Je l'ai repeinte en blanc, puis en sable, puis lepont en vert turquoise. J'avais appris d'un professur aux Arts et Métiers de Vevey que les vieux bateaux étaient peints en bleu ou turquoise, car autrefois, les peintures à l'huile mettaient très longtemps à sécher. Les moustiques ne se posent pas sur ces couleurs n'y voyant que de l'eau!".
L'Amazone va très vite aux allures portantes, mais est délicate en remontant le vent. "Il ne faut pas trop toiler, elle n'avance plus!". De nombreux Jollen Kreutzer naviguent en Allemagne, sur des plans d'eau abrités. Il n'y en a que 4 en Suisse. Jacky n'hésite pas à sortir toute l'année dès que le temps lui donne des ailes.
(texte repris de Nautisme Romand, avril 1998, n° 195)